Le retour du Vinyle

Le retour du Vinyle

Le CD devait avoir sa peau, le dématérialisé devait finir de l’achever pourtant, il n’en est rien et le disque vinyle se porte bien et effectue assez périodiquement un retour.

Avant de vous expliquer ce retour du vinyle, je vais vous faire une brève description de ma consommation musicale. J’ai un abonnement Spotify Premium depuis plus de 2 ans maintenant, je fais de nombreux concerts, je n’achète plus du tout de CD et encore moins de musique en dématérialisé jugeant le prix excessif pour le produit proposé.


Je possédais déjà quelques disques vinyles récupérés en chinant mais c’était plus par esprit de collection puisque je ne les avais jamais écouté. En allant à Londres, je suis revenu avec des vinyles de Serge Gainsbourg et Sonic Youth en étant toujours dans l’incapacité de les écouter.

Il a donc fallu acquérir une platine pour pouvoir assouvir cette soif de musique. J’ai jeté mon dévolu sur une platine project DEBUT 3 Noir bénéficiant d’un bon rapport qualité/prix relié à un ampli Onkyo.

Plus qu’un objet, une émotion

Le CD m’a que trop souvent proposé une expérience sommaire, incomplète avec des pochettes et livrets que ne rendent pas honneur à un album. Avec le disque vinyle, j’ai des souvenirs émotionnellement très forts. Il n’est pas rare que je passe du temps à scruter une pochette, un livret et la découverte d’un nouveau vinyle me procure une certaine excitation. Je n’évoque pas le dématérialisé où il y a tout à faire d’un point de vue expérience, le peu que j’ai pu voir me laisse assez dubitatif même si sur le papier, la seule limite reste l’imagination.

Pourquoi ce retour ?

Je suis dans un stade de mon existence où j’ai besoin de prendre le temps, besoin de souffler et de ne surtout plus me faire emporter par cette vitesse folle de l’existence.

Lorsque je positionne le disque vinyle sur la platine, que la cellule embrasse le disque, l’ambiance est posée, mon cerveau débranche et je me pose pleinement sur l’écoute. Difficile de passer les titres, impossible de programmer sa playlist, faut composer avec l’objet et prendre le temps de l’apprécier.

Ensuite, le son est fabuleux, pour peu que vous soyez un minimum équipé, il est indéniable que la sonorité générale est d’une force incroyable. Je me suis surpris à redécouvrir certains albums que je connaissais pourtant très bien, du moins je le croyais. J’ai peu de craquements sauf sur les très anciens mais cette facette constitue aussi ce son si magique.

Le plaisir de chiner

J’ai redécouvert le bonheur d’aller à la recherche de disques, je ne sais pas si vous connaissez et pratiquez la fouille dans les bacs à la recherche de la perle rare ou juste pour le plaisir de se faire surprendre par un disque inattendu.

Dernier exemple en date, je rentre dans une boutique style « vide grenier » dans le 4ème, j’y vois une quantité affolante de disques.

Le gérant : Salut, Tu recherches quoi ?
Moi : salut, en ce moment, rock 60′s / 70′s essentiellement
Le gérant : devant toi, les 2 premiers bacs, tu devrais y trouver des trucs.

Il est à noter qu’au départ, je n’avais pas de références particulières.
Je commence à me faire les bacs quand je tombe sur un album de The Clash et pas n’importe lequel puisqu’il s’agissait de London Calling. Le second opus est un autre grand du rock : Chuck Berry. J’ai donc acheté ces 2 trouvailles pour une 15ène d’euros.

Maintenant, le geste est devenu habituelle, je rentre quelque part et je cherche dans les bacs sans pour autant avoir une référence. Par contre, je ne suis pas en quête des originaux même si je souhaite trouver un album particulier de Led Zeppelin (Physical Graffiti) dont j’avais vu les détails de la pochette pour la première fois lors de l’exposition Vinyle à la Maison Rouge. Cet album n’étant pas, à ma connaissance, réédité, je taperais dans l’original le moment venu.

Aujourd’hui, de nombreux artistes éditent de nouveau, les albums sur vinyle, le retour est peut-être durable, ce qui est certain c’est qu’il m’est agréable au quotidien et devient le complément parfait à Spotify.

Ce billet a été intégralement écrit en écoutant the soft parade du groupe The Doors et The Harvest par Neil Young.